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Lutter contre le gaspillage textile par l’insertion : visite de RETRITEX

actu Retritex
Publié le 03.01.2019

 

L’industrie textile est la 2ème plus polluante au monde. Le gisement des vêtements jetés ne désemplit pas, même si une grande partie est désormais revendue entre particuliers. En effet, l’atelier de tri RETRITEX réceptionne 15 à 17 tonnes de textiles par jour, pour le seul département du Morbihan ! Après un tri méticuleux, 4% de la production est revendue en boutique de seconde main Emmaüs. Pourquoi si peu ? Quelles sont les autres débouchées ? Quel rôle les entreprises et collectivités locales ont à jouer pour lutter contre ce gaspillage ? On a visité l'entreprise d’insertion RETRITEX pour tout vous expliquer.

 

RETRITEX fait partie d’Emmaüs Action Ouest, groupe dédié à l'insertion professionnelle ou sociale des personnes en difficulté. Créée par des communautés Emmaüs pour répondre aux surplus de leurs collectes textiles, Retritex collecte, tri et valorise des textiles en fin de vie. Ils sont acheminées par camion depuis les 450 bornes de collecte du Morbihan jusqu’à l’entrepôt de 3 400m² par la branche logistique du groupe, RETRILOG.

La priorité de l’entreprise : le retour à l’emploi et non le profit

RETRITEX embauche de manière inconditionnelle des personnes éloignées de l’emploi pour une durée maximum de 2 ans. L’équipe est donc constamment en mouvement et formée en interne pour éviter tout accident du travail. Parmi les 34 personnes en CDDI sur l’activité de tri textile en 2017, il y a eu 24 sorties positives (en CDI, CDD, création d’entreprise, contrat aidé, formations ou encore embauche dans une autre SIAE).

Quelles sont les débouchés pour ces textiles jetés ?

Les salariés trient avec une grande rapidité les vêtements, sacs et chaussures qui ne cessent de défiler sur le tapis roulant, témoins révélateurs de la surconsommation. Le personnel procède à un tri entre 10 catégories et savent en un coup d’œil si le textile pourra être réemployé ou recyclé. Les vêtements endommagés sont écartés car il ne serait pas rentable de les faire réparer ou nettoyer avant de les revendre. À cela s’ajoute une baisse de la qualité des textiles collectés car une part croissante des habits en bon état jetés est désormais revendue directement par les particuliers sur internet.

Aucun textile collecté par RETRITEX n’est envoyé à l’enfouissement. Les débouchées sont les suivantes :

  • 4 % de la production est directement revendue dans les 4 boutiques Emmaüs ou sur les marchés forains. Il s’agit de la « crème ».
  • 40% des matières (grosses toiles et jeans par exemple) sont recyclées en isolant écologique pour l’habitat, le métisse, ou encore en chiffons d’essuyage.
  • 40% de la production est jugée de qualité insuffisante pour les consommateurs de France. Elle est alors compactée et exportée vers des Relais en Afrique. Il s’agit du « mêlé ».
  • Enfin, les refus de tri sont utilisés comme combustibles solides de récupération (CSR) pour la valorisation énergétique.

En bout de chaîne : un « Sacré dressing » à Pontivy

L’entreprise gère 4 boutiques de seconde main dans le Morbihan. Celle de Pontivy existe depuis 1954 et génère un chiffre d’affaires de 300 000 € par an. Elle emploie des vendeurs en insertion professionnelle qui mettent en rayon 1 tonne de vêtements par semaine. La boutique reçoit en moyenne 100 clients par jour et ces ventes représentent 50% du chiffre d’affaires de RETRITEX.

Certains vêtements sont également vendus en ligne par Emmaüs.

Comment soutenir leurs actions ?

Les collectivités et entreprises peuvent aider à créer un maillage de points relai sur le territoire pour faciliter la collecte de matières textiles. En Maine-et-Loire (49) par exemple, le chantier d'insertion ATIMA collecte et revalorise vos "déchets" textiles, pensez-y !

 

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